Six jours avant le départ, les Cévennes agitent déjà le petit monde du rallye national. Du 22 au 25 octobre, la 67e édition déroule 669,39 kilomètres entre le Gard et l’Hérault, dont 201,82 chronométrés sur seize spéciales, dix tracés différents. De l’asphalte, du vrai, celui qui ne pardonne pas.
Un titre se joue là, ou presque. Raphaël Astier et Denis Giraudet arrivent en tête, 117 points après leur victoire au Cœur de France. Derrière, Yoann Bonato et Hugo Margaillan pointent à 102. Le Critérium distribue des points lourds à une manche du Var, dernière échéance de la saison. Personne ne roule pour faire joli.
L’organisation a ressorti les classiques. La Cadière-Sumène et ses douze kilomètres de montée à épingles reviennent au menu. La Nuit des Cévennes aussi, le vendredi soir, sur la deuxième boucle : rouler phares allumés dans ces vallées, ça change un rallye et ça use les nerfs. Ganges récupère les vérifications techniques du jeudi et le podium de départ, après vingt ans d’absence.
Le samedi concentre le gros morceau, 105,21 kilomètres. La spéciale des 5 Cols relie Saint-André-de-Valborgne à Sumène sur 53,58 kilomètres : la plus longue spéciale asphalte du championnat de France 2026. Une erreur de notes au mauvais endroit et la journée est pliée.
Nouveauté qui dit quelque chose de l’époque : l’e-rallye entre au programme avec le Trophée Alpine A290 Rallye, dix équipages engagés. Sur la même épreuve cohabitent désormais voitures modernes, historiques, de régularité et électriques. On peut tiquer ou trouver ça logique, c’est acté.
Au-delà du scratch, le Critérium reste un musée roulant. Les plateaux historique et régularité y tiennent une place que peu de rallyes français offrent encore, et c’est souvent là que se croisent les autos qu’on retrouve ensuite à la vente : groupe A, F2000, kit-cars d’époque. Regarder une spéciale, c’est aussi repérer ce qui tourne vraiment.
Le dimanche, quatre spéciales, puis le rallye quitte les routes cévenoles pour Montpellier. Final inédit : une super spéciale sur le parking de la Sud de France Arena. C’est peut-être là, sur du bitume urbain devant le public, que le champion de France 2026 sera désigné. Un décor qui n’a rien de cévenol pour clore un rallye qui l’est jusqu’au bout.
Pour l’amateur qui regarde ça depuis le bord de la route en se disant qu’un jour, lui aussi : le ticket d’entrée n’est pas toujours celui qu’on croit. On a détaillé le barème des prix d’occasion par groupe et par classe et ce que coûte une première saison quand on débute. Les autos qui font ces plateaux sont à vendre dans la catégorie rallye.



