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Pikes Peak : une Renault RS01 au sommet, et un podium au culot

maxime 9 juillet 2026 3 min de lecture

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Personne n’attendait une Renault en haut de Pikes Peak. C’est pourtant ce que Valentin Simonet vient de réussir, raconté sur sa chaîne en deux épisodes qui valent le détour : l’arrivée et les essais d’abord, la course ensuite. Au bout du compte, un podium.

Reprenons. La montée de Pikes Peak, dans le Colorado, se mérite avant même de rouler. Sa RS01, une caisse de coupe de marque de 2015 transformée en machine à deux turbos, a voyagé deux mois en container. Lyon, Marseille, le port de New York, un train jusqu’à Chicago, puis Denver. À l’arrivée, un hôte providentiel : Fred, un passionné du coin qui avait déjà accueilli la 208 de Sébastien Loeb et l’Alpine de Raphaël Astier. Le décor était planté.

Puis les essais, à six heures du matin, secteur par secteur, dans une montagne qui grimpe jusqu’à 4 300 mètres. Là-haut, l’air manque, pour le moteur comme pour le pilote. Simonet a d’ailleurs bricolé une arrivée d’oxygène dans son casque, moins pour respirer que pour garder la tête claire. Ses premiers passages ont mêlé émerveillement et frayeurs : des trottoirs invisibles sur simulateur, des ravins qu’il vaut mieux repérer une bonne fois, des sections en aveugle où il faut faire confiance à ce qu’on a mémorisé.

Sur le papier, aucune raison de jouer devant. Dans sa catégorie Open, les rivaux alignaient des autos construites de A à Z pour la montagne : plus de 1 000 chevaux, anti-lag, aéro démesurée. La RS01 développe à peine plus de la moitié de cette puissance, roule sans anti-lag et garde ses amortisseurs d’origine. Il ne s’y trompait pas, visant la troisième place plutôt que la gagne. Il partait d’ailleurs troisième des qualifications, dans un plateau qu’il décrit comme le plus relevé de l’histoire de l’épreuve.

Le jour J, réveil à 1 h 30. Et tout a failli capoter. Dans la montée, la voiture perd son eau, le tableau de bord s’affole (température d’huile, température d’eau, 127 degrés) puis se met en défaut. Beaucoup de concurrents ont fini à l’agonie au sommet ; la sienne a tenu. Il franchit la ligne sous les dix minutes sans savoir ce que ça vaut, transpondeurs muets, longue attente. Verdict : troisième de la catégorie Open, deuxième rookie, et surtout première Renault de l’histoire à atteindre le sommet de Pikes Peak. Devant, l’Américain Billy Johnson s’impose en Open sur une Porsche d’environ 1 200 chevaux.

Ce qui rend l’histoire moins ordinaire, c’est son équipier de projet, Steph. Huit ans qu’il vit avec Parkinson. Pilote dans l’âme, il ne roule plus comme il le voudrait, et Simonet a tenu à monter ce projet avec lui plutôt qu’un autre. Une partie des ventes de vêtements de l’aventure servira à l’aider. Rien de secondaire dans la vidéo : c’est même le cœur.

On peut voir Pikes Peak comme une affaire d’ingénieurs et de budgets. Simonet en fait autre chose : la preuve qu’avec une voiture mal née pour l’exercice, une petite équipe et beaucoup d’obstination, on écrit quand même une ligne dans l’histoire. Pas la victoire. Une place, une image, un récit. Souvent, ça vaut davantage.

Envie de rouler après ça ? Nos dates de roulage sont là pour commencer plus modestement.

Source : les deux épisodes de Valentin Simonet, « Les premiers essais à Pikes Peak » et « La Renault RS01 au sommet de Pikes Peak ».

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