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Sept manches. Voilà ce qu’il aura fallu. Dimanche 22 juin, sur le tracé de Barcelone-Catalogne, Lewis Hamilton a enfin gagné en Ferrari. Première victoire en rouge, attendue depuis son arrivée chez le constructeur, tombée précisément là où l’histoire en avait déjà écrit une autre.
Trente ans plus tôt, Michael Schumacher signait sur ce même circuit son premier succès avec la Scuderia. Le paddock n’a pas manqué le clin d’œil.
Rien d’évident pourtant dans cette course. Ferrari a lancé Hamilton en gommes tendres, un pari qui obligeait à gérer, avant de basculer sur trois arrêts. Une voiture de sécurité virtuelle, au bon moment, a offert un passage par les stands quasi gratuit. La course a tourné là.
Derrière, George Russell deuxième, Lando Norris troisième. Un podium intégralement britannique, du jamais-vu depuis 1968. Trois pilotes, trois écuries, de quoi remuer les amateurs d’archives.
L’autre histoire du week-end est plus cruelle. Kimi Antonelli menait le championnat depuis l’ouverture. Son moteur l’a lâché en pleine course. Abandon, rien dans la besace, et une avance qui s’effrite : 41 points, désormais. Hamilton, lui, revient à 41 longueurs du sommet. Le même chiffre, en miroir.
Ce résultat dit aussi quelque chose de la saison. La réglementation 2026, nouvelle sur les moteurs comme sur l’aéro, avait rebattu la hiérarchie cet hiver. Mercedes avait pris les devants, Ferrari cherchait ses marques. Sept courses plus tard, la voiture italienne paraît enfin sous contrôle, et Hamilton commence à parler le même langage qu’elle.
Pour Mercedes, le sans-faute s’arrête là. Les Flèches d’Argent avaient dominé l’entame de cette saison, la première sous la nouvelle réglementation. Barcelone rebat les cartes. Ferrari, après des mois à douter, tient enfin de quoi viser haut.
Reste l’image. Hamilton à la radio, la voix qui flanche : « je suis juste si heureux de ma vie. » Quarante et un ans, sept titres, et l’émotion d’un gamin pour un premier bouquet en rouge.
La suite promet. Antonelli devra encaisser et repartir, Russell avance sans trembler, Hamilton se relance. Le haut du classement tient sur un mouchoir, et il reste beaucoup de courses.



