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De Pikes Peak à Goodwood : la RS01 de Valentin Simonet dans la cour des légendes

maxime 6 août 2026 3 min de lecture

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Quelques jours après avoir posé la Renault RS01 au sommet de Pikes Peak, Valentin Simonet a rechargé la même voiture dans un camion. Direction le sud de l’Angleterre. Renault UK l’avait invité à Goodwood, et pas seulement pour parader : pour disputer le Shootout, la course de côte qui clôt le Festival of Speed.

Le contraste avec le Colorado est saisissant. Là-bas, la montagne, l’altitude, le vide. Ici, une allée étroite bordée de bottes de paille, six ou sept virages à retenir, un mur en arête qu’il faut frôler sans jamais toucher. Peu de roulage pour apprendre, beaucoup de monde autour. «Il va falloir aller vite et ne pas sortir», lâche-t-il avant le premier passage.

Ce qui le cueille d’abord, c’est le paddock. Il le décrit comme le plus fou qu’il ait vu de sa vie de pilote, et on veut bien le croire. La 917 longue queue de Gérard Larousse garée là comme une voiture ordinaire. La Toyota Hypercar laissée sale, vernie telle qu’elle a fini le Mans, boulettes de gomme et insectes figés pour l’éternité. L’AMG GT3 de Max Verstappen, star du Nürburgring, noyée au milieu de dizaines d’autres. La McLaren de Senna millésime 1993. La R25 championne du monde d’Alonso, celle des posters d’une génération. «À Goodwood, il n’y a pas de stars. Il y a tellement de voitures incroyables qu’il n’y a que des voitures parmi d’autres.»

Sur la liste des engagés du Shootout, du très lourd. Sébastien Loeb et sa 208, Sébastien Ogier et sa Yaris, Johan Kristoffersson et sa Polo de World RX, Travis Pastrana et sa Subaru de Gymkhana préparée par Vermont Sports Car, un flat-four 2,3 litres turbo crédité de 680 chevaux. À peu près la puissance de la RS01 à Pikes Peak. Se retrouver dans ce plateau, pour un pilote qui a construit sa notoriété caméra au poing, ça pèse.

La piste, elle, ne lui a fait aucun cadeau. Premier passage juste derrière les voitures de rallycross, de la terre partout, l’adhérence qui se dérobe. Son conseil du jour, mi-figue : à Goodwood, ne jamais s’élancer après les rallycross. Séance après séance, il gratte quelques secondes, réassouplit la voiture, apprend les reflets traîtres de la forêt. Mais au shootout final, pas de train neuf à monter.

«On n’avait pas de pneus neufs, donc on a loupé le top 10.» Dit comme ça, sans amertume. Le résultat compte moins que le reste, et il l’assume : «C’était une grande chance d’être là.» Entre deux runs, il a discuté sièges carbone avec un pilote Nascar dont le casier jouxtait le sien au vestiaire, croisé des motards du Tourist Trophy, pris des contacts pour la suite. Le genre de week-end qui ouvre des portes plus qu’il ne distribue des chronos.

Reste une image. Un gamin qui a passé des années à regarder cette montée à la télé, désormais au départ, combinaison sur le dos, la RS01 de Pikes Peak sous les yeux d’un public anglais chauffé à blanc. Le chrono n’a pas suivi. L’histoire, oui.

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