12 lectures
Alex Palou n’en finit plus. Dimanche à Portland, l’Espagnol a signé sa sixième victoire de la saison et quitte l’Oregon avec 110 points d’avance au championnat. Cinq courses encore à courir. La question n’est plus de savoir s’il sera titré, mais quand.
Parti deuxième derrière Felix Rosenqvist, Palou a réglé l’affaire dès le premier cycle d’arrêts. Une fois devant, il n’a plus rendu la position. Trois secondes au premier relais, quatre à vingt tours de l’arrivée, six sur la fin : le déroulé habituel, presque ennuyeux tellement il maîtrise. Rosenqvist a tenu bon pour la deuxième place, Will Power complète le podium. Rinus VeeKay et Kyle Kirkwood ferment le top 5.
Six succès sur une même saison, à ce niveau de régularité, ça ne se voit pas tous les ans. Palou chasse un cinquième titre IndyCar et il le fait avec une avance qui frôle l’indécence. Dans son dos, Kirkwood récupère la deuxième place du général, huit points devant David Malukas. Mais tout cela se joue très loin du leader. La vraie bagarre de 2026, c’est celle du peloton pour les accessits.
Un plateau dense, un seul patron
Côté tricolore, Romain Grosjean a terminé dix-septième, juste derrière Mick Schumacher. Le plateau reste dense, spectaculaire, imprévisible dès qu’on quitte les deux premières lignes. Les dépassements s’enchaînent, les stratégies se croisent, les relances rebattent les cartes. Sauf tout en haut. En haut, il y a Palou, et il y a les autres.
Ce qui frappe, c’est la manière. Pas d’esbroufe, aucune prise de risque inutile. Il prend la tête au bon moment, ménage ses gommes, et transforme la course en démonstration de gestion. Un pilotage d’horloger qui, étalé sur un championnat entier, fait toute la différence. C’est moins flatteur à l’œil qu’un numéro de funambule, mais diablement plus efficace sur la durée. Un cinquième sacre le rangerait parmi les tout meilleurs de l’histoire récente de la discipline.
Il y a quelque chose à retenir là-dedans, même pour qui roule le dimanche sur un plateau amateur. La vitesse pure ne fait pas tout. Gérer ses pneus, ne pas cramer ses freins dès les premiers tours, rester lucide quand les autres s’agacent : c’est souvent ce qui sépare une belle journée d’une sortie de piste bête. Palou fait ça à plus de 300 km/h, mais le principe vaut pour tout le monde, casque sur la tête et carnet de roulage à la main.
Restent cinq manches pour écrire un autre scénario. Il faudrait une série de zéros, une casse mécanique, un enchaînement de tuiles. Rien de tout cela ne se commande. Sur la forme du moment, on a beau chercher, on ne voit pas bien qui viendrait déranger l’Espagnol avant la fin de l’automne.



