Seize heures. C’est l’heure du départ, cet après-midi, pour la 94e édition des 24 Heures du Mans. Et pour une fois, personne ne sait vraiment qui passera la ligne dimanche.
BMW part devant. La marque allemande a décroché la pole lors de l’Hyperpole, mais la grille raconte surtout le désordre de la semaine. Cinq constructeurs différents ont signé le meilleur temps d’au moins une séance. Huit marques alignent des Hypercars : Aston Martin, Alpine, BMW, Cadillac, Ferrari, Genesis, Peugeot et Toyota. Vingt et une voitures dans la catégorie reine. Aucun scénario n’est écrit.
L’histoire française, elle, s’appelle Alpine. Troisième sur la grille, la marque de Dieppe arrive avec autre chose qu’un coup d’éclat isolé : une régularité construite saison après saison, toujours dans le top 7 cette semaine. António Félix da Costa a posé un tour propre en Hyperpole. Reste à transformer cette vitesse en endurance sur vingt-quatre heures, ce qui est un autre métier.
Le revers du week-end est venu de Cadillac. Jack Aitken avait signé le meilleur chrono de l’Hyperpole, cinq millièmes devant la BMW. Cinq millièmes. Une sortie anticipée de la voie rapide a déclenché une pénalité automatique, et la voiture américaine se retrouve dixième. La pole d’un côté, le dixième rang de l’autre, pour le même tour. Le règlement ne pardonne pas.
Plus dur encore pour les favoris annoncés. La Ferrari numéro 83, tenante du titre, n’a même pas vu l’Hyperpole et s’élancera de la dix-septième place. Peugeot non plus n’a pas passé le cut. Quant à Toyota, cinq fois vainqueur ici, ses deux voitures partent quatorzième et quinzième. Les hiérarchies d’avant-course ont volé en éclats.
En LMGT3, c’est l’Aston Martin numéro 27 du Heart of Racing qui mène la danse au départ.
Ce qui rend cette édition intéressante, c’est cette absence de favori clair. Le Mans récompense rarement le plus rapide du samedi après-midi. La nuit, la météo, un capteur qui lâche, un relais raté dans le trafic : tout peut basculer en quelques minutes. Une voiture partie du fond peut remonter, une pole peut s’effondrer avant minuit.
Départ à 16h aujourd’hui, arrivée à 16h dimanche. Vingt-quatre heures pour départager huit constructeurs qui se tiennent dans un mouchoir. La France attend une victoire Alpine. Le reste du plateau compte bien l’en empêcher.



